La porte

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Depuis quelques mois, je suis prisonnier.

On m’a installé dans une petite pièce, sans fenêtre.

Il y a juste une porte qui est bien fermée.

Il n’y a pas de lumière.

Je ne sais pas comment je m’appelle. J’ai oublié ou je ne l’ai jamais su.

 

Pourtant,

Je suis serein, calme.

Je dors beaucoup.

Je ne me sens pas seul, la pièce est dans une maison où des bruits me parviennent.

J’occupe souvent mon temps à déterminer quelles sont ces résonances qui arrivent jusqu’à moi.

Un chien aboie de temps en temps et s’approche souvent de la porte, je le ressens.

Les battements d’une horloge me bercent inlassablement, de jour comme de nuit.

Des sons me font parfois sursauter, mais je n’en connais pas la provenance.

J’entends le bruit de la pluie, régulièrement tous les soirs.

J’écoute des conversations dont je n’entends que le son. Je ressens les émotions données par les mots prononcés même si je n’en comprends pas le sens.

Quelqu’un chante parfois, et cela me détend, j’aime cette voix chaude et mélodieuse, accompagnée parfois par un piano.

Il y a aussi une voix masculine qui me rassure.

 

Dans cette pièce, j’alterne des moments de calme où j’essaye de dormir et des moments où j’ai besoin de bouger, en m’amusant à sauter, taper des poings sur les murs, doucement, juste pour me faire rebondir.

Je suis certain que la porte s’ouvrira un jour, et que l’on viendra me chercher.

Cette certitude croît en moi au fil des jours.

Je commence à étouffer dans cette pièce si petite.

Je ne dois pas essayer de l’ouvrir moi-même, je sens que je serais alors en danger.

Je dois attendre… Attendre.

J’essaie juste de m’approcher et de rester contre la porte, je suis prêt.

 

Et puis un jour, tout sembla être différent.

Dans la maison, une tension était palpable.

La porte commença à laisser filtrer une petite lueur.

Qu’allais-je trouver à l’extérieur ?

J’étais inquiet mais heureux de savoir enfin quel était mon destin.

Qui étais je ?

Allait-on m’aimer ?

Moi j’étais prêt à donner tout l’amour que j’avais en moi et que je n’avais pu exprimer pendant ces longs mois de captivité.

J’attendis encore quelques heures et compris que je ne me trompais pas quand la porte s’ouvrit de plus en plus…

Je sus que je pouvais enfin sortir… Je poussai violemment la porte… Et j’ai crié !

 

— Sophie, pousse, on voit ses cheveux !

— Oui je sens qu’il arrive, donne-moi la main pour trouver encore assez de force.

Nil, qui essayait de cacher son inquiétude, regarda la sage-femme, qui très concentrée, aidait Sophie à mettre au monde leur bébé : un garçon !

Nael , tant attendu, était enfin là, et même s’il était encore trop petit pour ouvrir les yeux, une communion s’établit immédiatement entre eux.

Tous les trois avaient attendu neuf longs mois pour enfin être réunis.

Nael se blottit dans les bras de sa maman, bercé sans doute par la voix qui l’avait accompagné tout au long de sa vie embryonnaire.

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