En attendant

                  Retour accueil     Retour Nouvelles      Retour Nouvelles courtes

 

En rentrant d’une ballade en montagne, où de magnifiques paysages avaient provoqué en moi beaucoup d’émotions, ma décision fut prise… .

J’en parlais à mon mari le soir même et il accueillit la nouvelle avec enthousiasme. Il me sentait prête, j’avais la quarantaine et ma vie professionnelle était à son plus haut niveau. Lui aussi était prêt à supporter pendant plusieurs mois, mes changements d’humeur, mes souffrances, mes caprices et surtout il se sentait capable de bien m’épauler.

Alors pendant un mois je pris des vitamines, réorganisai ma vie, déléguant un peu plus les tâches pénibles, je voulais être en forme et disponible.
Et quand je sus que j’étais prête à concevoir, tout alla très vite.

Un soir en rentrant, je pus confirmer à mon mari que le bébé était en route ! Il me prit dans ses bras et me dit :

– Je suis heureux, pour moi mais surtout pour toi qui vas vivre une aventure de femme merveilleuse. Allez on fête cela !

Je l’embrassai tendrement, sachant que je pourrais compter sur lui les jours où je risquais de m’angoisser.

Les premiers jours furent compliqués, je ne savais pas par où commencer dans mes démarches, alors je décidai d’appeler une ancienne amie qui était dans la profession.

Elle m’accueillit au téléphone avec joie, contente de m’entendre et surtout heureuse d’apprendre la bonne nouvelle. Elle me promit de m’aider au maximum dans tous les domaines et un rendez-vous fut fixé pour la semaine d’après.

Je me sentis rassurée et pris la décision de prendre les congés qui me restaient pour gérer au mieux ces premières journées.

Il y avait des moments faciles, d’autres plus stressants, mais à chaque fois je relativisais en me disant que chaque conception était différente et qu’aujourd’hui il y avait des moyens pour trouver des solutions à n’importe quel problème. La technique avait bien évolué.

Un soir mon mari rentra avec un bouquet de fleurs, je ne compris pas tout de suite pourquoi, puis un peu honteuse je lui avouai que j’avais oublié notre anniversaire de mariage. Je compris à ce moment-là qu’il fallait que je préserve la vie de mon couple, que je lui fasse plus partager mes émotions, mes doutes, mes joies. Je me rendais compte que je vivais tout cela égoïstement.

Il ne m’en voulut pas mais je me promis de faire plus attention à lui.

La semaine d’après, je revis donc mon amie avec plaisir et absorbai avec saveur tous les conseils qu’elle me donna. Elle m’écouta également longtemps, comprenant que j’avais besoin de lui confier mes inquiétudes et me répondit à chaque fois patiemment en me donnant des solutions pour que ma vie soit plus confortable.

Dans un premier temps, il fallait vraiment que je trouve la personne qui s’occuperait de moi jusqu’à la naissance. J’avais surtout besoin d’en connaître la date.

Un homme d’un certain âge, respirant la sérénité, m’accueillit dans son grand bureau où de nombreux écrans trônaient un peu partout. Il prit rapidement les choses en mains et remplit un dossier qui concrétisait ma situation. Il me donna une date approximative qui suffit pour me donner des sueurs, j’avais peur de ne pas arriver au bout de cette gestation que j’avais tant désirée.

Et puis les jours, passant, le plaisir de voir évoluer les choses dans le bon sens me rassura et plus « mon bébé » grossissait, plus je le sentais vivre sous mes doigts…

Souvent le soir, j’acceptais de partager ces moments avec mon mari, je lui laissais la possibilité d’en prendre conscience. Je le sentais alors fier de moi et cette attitude me réconfortait… Tout allait bien.

Et puis vint le temps de l’attente, le sentiment d’avoir fini mon travail ou du moins de n’avoir plus qu’à le fignoler rendait les journées longues. Ces longs mois m’avaient malgré tout bien fatiguée et il me tardait maintenant de serrer dans mes bras le fruit de ce labeur.

Il me restait encore une dernière visite pour établir les derniers contrôles et s’assurer que tout était bien conforme. La naissance approchait.

Un matin je sus que ce serait pour aujourd’hui. J’étais seule à la maison, allongée devant la télé pour occuper le temps après avoir démonté toute la maison. Tout y était passé, les éléments de la cuisine, le salon avec son tapis difficile à nettoyer, les étagères où paraissaient de nombreux livres et bibelots. La chambre y avait eu droit elle aussi. Puis j’avais préparé plusieurs repas d’avance que j’avais congelés. J’étais épuisée mais heureuse. La délivrance allait sans doute bientôt arriver.

La sonnerie retentit et me fit sursauter.

Je courus vers la porte d’entrée, mais je l’ouvris doucement.

– Bonjour Madame TORET, j’ai un recommandé pour vous.

– Bonjour,

– Tenez et signez ici s’il vous plaît.

Une fois le document signé, il me tendit un petit paquet et essayant de ne pas montrer mon émotion, je pris congé de lui.

En refermant la porte, je m’appuyais dessus, mon cœur battait la chamade et je n’arrivais pas à me calmer.

Je m’assis dans le salon et commençai à ouvrir le paquet. Il était bien fermé et il me fallut une bonne minute pour l’ouvrir.

            Et là, apparut dans mes mains… Mon « bébé », ce livre que j’avais mis tant de temps à écrire était enfin là.

            Je laissai couler quelques larmes… J’avais réalisé mon rêve… Ecrire « Le poilu perdu ».

Merci de mettre un commentaire en dessous de la photo.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *